Affaire Sauvage : le culte des coupables innocents

La personnalité de Madame Sauvage telle qu’elle a été cernée par les experts judiciaires et telle que l’instruction et les audiences l’ont fait apparaître n’est pas celle d’une femme soumise ayant tout enduré sans rien dire. Petite anecdote révélatrice ? Ayant appris il y a quelques années que son mari avait une maîtresse, son premier réflexe fut de se rendre chez la rivale pour la brutaliser, la courser en voiture, celle-ci ne trouvant son salut qu’en se réfugiant à la gendarmerie.

-- http://www.vududroit.com/2016/02/affaire-sauvage-le-culte-des-coupables-innocents/

Je pense qu'on ne saura jamais le dessous de tout ça. Seules les quelques personnes impliquées connaissent une part de la Vérité, et peuvent faire la part des choses.

Mais de mon point de vue, ça me glace le dos de me dire que je n'ai absolument pas mis en cause une demi-seconde cette dame qui était la victime parfaite d'un crime trop répandu.

Je suis donc à la fois en colère après moi-même de ne pas avoir l'esprit critique nécessaire, et à la fois inquiet que cette histoire puisse desservir les prochaines personnes qui auraient besoin des recours utilisés pour cette affaire.

Les taxis, victimes de leur propre piège

Cette semaine, nous avons beaucoup parlé des taxis, principalement parce qu'ils ont fait grève pour dénoncer la "concurrence déloyale" des services de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC).

Ces VTC sont de simples voitures avec chauffeur. Là où ils se démarquent, c'est par la modernité de leur usage, la qualité de la prestation, et les prix qui ne sont pas hallucinants.

Les principaux points de reproches des taxis vers les VTC semblent porter sur 2 points : le maraudage (circuler en attendant de trouver un client) et sur le fait de ne pas payer les licences hors de prix pour lesquelles ils se sont endettés fortement.

J'ai surtout été étonné par le second reproche. Il faut savoir que la licence de taxis est attribuée gratuitement par l'état, mais que le nombre de licence en circulation est limité par département. Partant de ce principe, certains taxis se sont mis à revendre leur licence lors de l'arrêt de leur activité. Ce marché a suivi selon ce principe jusqu'à atteindre des prix qui vont de 50 000€ à plus de 250 000€. Vu les prix actuels, certains taxis se sont donc fortement endettés pour acheter leur licence, en se disant qu'ils la revendraient à un moment donné.

Hors, les VTC viennent mettre un coup de pied dans ce cercle vicieux, et les taxis actuellement en activité voient donc le prix potentiel de leur licence chuter, et ils manifestent donc en espérant que le gouvernement bloquera les VTC pour que ce marché noir interne puisse perdurer.

Vous l'avez le souci ? Une corporation demande à l'état de bloquer la montée d'une autre corporation qui vient grignoter son monopole et lui faire perdre des billes.

Mais, dites moi, dans un monde capitaliste, si une corporation "monte", c'est que son service plait, et que les clients préfèrent se tourner vers ses professionnels, non ?

Personnellement, ce qui me choque le plus, c'est que les taxis ne se remettent pas en cause, ne se demandent pas pourquoi les VTC deviennent si populaires, n'essayent pas de se mettre au niveau, mais essayent de mettre des bâtons dans les roues de leurs concurrents.

Certes, humainement, quand on se rend compte qu'on est le perdant d'un changement, on essaye de sauver les meubles, mais où serions nous aujourd'hui si nous avions bloqué les Renault et autres Citroën si les maréchaux-ferrants avaient fait une demande similaire à l'état ...

Quand je tiens ce discours, on me rétorque quelque fois un point lié : les VTC sont des travailleurs sous-traitants d'une grosse société (étrangère souvent !) alors que nos taxis sont des indépendants.

Et bien non ! Des compagnies comme les taxis G7 achètent les licences et engagent des indépendants pour "utiliser" ces licences. Le modèle est donc le même.

PS : certains disent même que Taxi G7 manipule en douce pour l'interdiction des VTC

Pensées sur la consommation alimentaire

Depuis quelques temps, je suis assez sensible sur le sujet de la consommation alimentaire dans le monde.

Ce n'est pas nouveau, les occidentaux (= nous) mangent plus qu'à leur faim, nous avons un accès illimité ou presque à la nourriture. Nous nous permettons même de jeter de la nourriture qui est pourtant encore consommable.

Dans le même temps, d'autres populations sont dans des situations qui vont du manque de variété de la nourriture à des famines importantes. Oui, en 2016, dans le monde.

Mais ce qui me fait le plus de mal, c'est de penser à la manière dont on consomme de la nourriture :

  • nous achetons dans des conteneurs fixes, ce qui signifie que nous adaptons notre consommation à la quantité achetée alors que c'est l'inverse qui devrait être fait.
  • nous achetons ce qui nous plait, même si ce n'est pas la saison. Cela implique que ces aliments seront soient importés de loin, avec le coût pour l'écologie que leur transport représente, soit leur culture sera adaptée pour répondre au besoin (exemple des fraises qui poussent "les pieds dans l'eau")
  • nous avons déséquilibré notre alimentation grâce au lobbying de certaines corporation pour répondre à ce qui nous plait de manger. La quantité de viande que nous mangeons est bien au dessus de ce qu'il faudrait. Nous évitons des légumineux bons pour le corps, mais qui ne plaisent pas à tout les palais.

Cette manière de consommer est tellement "normale" qu'on en arrive à voir des choses effrayante : l'été dernier, je lisais à mes filles un petit livre publicitaire qui se trouvait dans un filet de banane, et ce livret expliquait aux enfants qu'il était normal de ramasser les bananes vertes, et qu'elles deviendraient jaune pendant le transport ! Non, non et non ! Cette manière de faire est un détournement de la nature pour que les bananes arrivent jaunes en Europe, mais aucunement la façon "naturelle" de faire.

Ce matin, je tombais sur cette vidéo expliquant comment est consommmé la viande et ses impacts sur la nature. Et c'est la même chose, pour produire plus, on détourne le fonctionnement naturel, au détriment de la santé.

Et comme cette vidéo le montre bien, l'argument "c'est une tradition" ne tiens pas puisque nous mangeons BEAUCOUP plus de viande qu'avant.

Il existe de nombreuses alternatives pour manger des protéines sans manger de viandes : lentilles, quinoa, boulgour, blé, ...

Je pense qu'il est plus que temps de se poser la question de l'impact de notre consommation à tous sur ce grand système.

Les députés unanimes pour lutter contre le gaspillage alimentaire

En France, ce sont entre 20 et 30 kg de nourriture qui sont jetés chaque année par habitant, et 140 kg par personne sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime à 159 euros par an et par personne la valeur de l’alimentation ainsi perdue, soit entre 12 et 20 milliards d’euros gaspillés au total.

Non seulement c'est énorme de se dire que mon foyer (2 adultes, 2 enfants) jette environ 100kg de nourriture par an (presque 10kg par mois !), mais ça me donne également le tournis de penser au budget que ça représente.

la grande distribution – qui n’est responsable directement que de 5 à 10 % du gaspillage alimentaire, contre 15 % pour la restauration et 70 % pour les ménages

C'est une grande claque pour moi, dans la lignée de ce que je disais en introduction, de me rendre compte que la grande distribution n'est pas responsable de la majorité du gaspillage alimentaire.

Je pense donc me pencher beaucoup plus sur des alternatives qui me semblent très impactantes pour réduire ce gaspillage (achat en vrac, réduction des produits préparés, ...)

Il sera interdit aux grandes surfaces de jeter de la nourriture consommable (invendus), de détruire de la nourriture consommable (par javellisation notamment), et elles auront l’obligation de signer un protocole avec une association de solidarité afin de faciliter les dons alimentaires.

Je ne peux dire que : "Alléluia" ! Depuis le temps que je suis désespéré de voir des quantités incroyables de nourriture volontairement détruite alors qu'en parallèle, les associations caritatives se rejoignent toutes sur la difficultés d'obtenir les dons nécessaires pour leurs besoins de distribution.

Non seulement, la loi obligeant la destruction des invendus alimentaires est supprimée, mais en plus, l'obligation de don de ces invendus est mise en place !

Citations tirées de cet article : http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/12/10/les-deputes-unanimes-pour-lutter-contre-le-gaspillage-alimentaire48283893244.html

Utiliser l'organisation d'une société comme indicateur de la qualité de son code

Ce matin, je lisais un retour de Jolicode sur le symfonyLive 2015 quand, au détour d'un article, une phrase de Bastien Jaillot a eu un fort retentissement en moi :

Tout logiciel reflète l’organisation qui l’a créée

-- Bastien Jaillot

Je n'avais jamais perçu cette évidence, mais maintenant qu'elle m'est servie, je ne peux qu'en être convaincu.

Quand une société n'est pas claire avec ce qu'elle veux, qu'elle se laisse porter par le vent, où que trop de personnes ont un pouvoir sur l'orientation d'un logiciel, alors ce logiciel va partir dans tous les sens, et devenir un magma sans tête.

A l'inverse, quand une société pose un objectif clair, et que tout le monde vise cet objectif en concevant le logiciel permettant d'atteindre cet objectif, alors la conception de ce logiciel restera simple.

Utiliser l'organisation de la société comme indicateur de la qualité du code produit.